Quand le moteur démarre, tout le monde se tait.
La scène vient d’un documentaire de France Culture, Fréquence ZX, un moteur en commun. Dans un ancien hangar agricole breton, des gens qui ne roulent pas sur l’or réparent ensemble des Citroën ZX, une voiture qui a dépassé de huit ans au moins l’âge moyen de la casse.
Je me suis demandé ce que ce silence honore. La voiture fait un mauvais candidat : le texte de l’émission dit qu’on la subit autant qu’on l’aime. Il dit aussi que la mécanique est « un prétexte pour avoir prise sur quelque chose ».
Avoir prise. En 1957, Barthes admirait dans la DS une carrosserie sans couture. Soixante-dix ans plus tard, le lisse est devenu le signe qu’on n’entre pas, et une couture, l’endroit où une main peut passer.
L’article suit cette prise jusqu’à sa limite, un moteur faute du reste, et jusqu’au droit : l’objet récent se conduit partout et ne s’ouvre pas, l’objet ancien s’ouvre et ne se conduit plus partout.
Notre article, dans son intégralité, a été publié sur Les Lettres Libres (merci !).
(c) Ill. Wikipedia / page Citroën ZX





